La laine de verre n’a aucune tenue propre : on ne la colle pas et on ne la cloue pas directement sur la paroi. Pour réussir la fixation de la laine de verre sur un mur intérieur, on construit d’abord une ossature, métallique ou en bois, qui maintient les rouleaux ou les panneaux, puis on referme avec des plaques de plâtre.
Voici la méthode en six étapes. Chacune est détaillée plus bas, avec les fixations à choisir selon la nature du mur.
- Vérifier que le mur est sain et sec, puis tracer l’emplacement des rails et des montants.
- Fixer les rails au sol et au plafond avec des chevilles et des vis adaptées au support.
- Poser les montants verticaux tous les 60 cm (ou 40 cm selon la largeur de la laine), à la bonne profondeur.
- Glisser la laine de verre entre les montants, sans la comprimer ni laisser de jour.
- Tendre le pare-vapeur côté pièce chauffée, avec le kraft tourné vers l’intérieur.
- Fermer avec le placo (plaques de plâtre) vissé sur les montants.
Préparer le mur et réunir le matériel nécessaire
Avant de poser quoi que ce soit, il faut un support sain. Un mur qui garde de l’humidité (remontées capillaires, infiltration, fuite) fait perdre à l’isolant ses performances et favorise la condensation derrière le parement. Si vous voyez des traces, des salpêtres ou des auréoles, traitez la cause d’abord et laissez sécher complètement.
Côté matériel, prévoyez des rails et des montants (ou des tasseaux bois), des chevilles et des vis, un perforateur, un niveau, un mètre, un cutter à lame longue ou un couteau à isolant, et des rouleaux de laine de verre ou des panneaux. Pour la fermeture, comptez un pare-vapeur, un adhésif de jonction et des plaques de plâtre.
La laine de verre irrite la peau, les yeux et les voies respiratoires. Portez des gants, des lunettes, un masque de type FFP2 et des vêtements longs, serrés aux poignets et aux chevilles. Ces équipements de protection se retirent à la fin du chantier, avant de rentrer dans les pièces habitées. Aérez pendant la découpe.
Installer l’ossature pour maintenir la laine de verre
Choisir entre ossature métallique et tasseaux bois
L’ossature métallique (rails en U au sol et au plafond, montants en C engagés dedans) reste la solution la plus courante en rénovation. Elle est rectiligne, ne gonfle pas avec l’humidité et se coupe à la cisaille. Les montants se calent facilement à la profondeur voulue, ce qui laisse de la place à l’épaisseur d’isolant nécessaire.
Les tasseaux bois conviennent bien aux petits volumes ou aux murs irréguliers. Ils demandent un bois sec, traité et bien équerré, sans quoi le placo finit par onduler. Dans les deux cas, la profondeur de l’ossature doit correspondre à l’épaisseur de la laine : 45 mm de laine pour un montant de 48 mm, 75 mm pour un profil plus profond, 100 mm pour une isolation renforcée.
Pensez aussi aux ponts thermiques. Les rails et les montants fixés directement au mur créent des zones plus froides, que l’on limite en posant une bande résiliente ou une bande de mousse entre le profil et la maçonnerie.
Entraxe de 60 cm : la cote qui évite les découpes
Les panneaux courants font 60 cm de large : un entraxe de 60 cm (soit environ 58 cm de vide entre deux montants) les fait tenir par frottement. Avec des rouleaux de 1,20 m, on passe à 40 cm d’entraxe pour obtenir trois bandes de largeur égale, ou à 60 cm pour deux bandes. Ajoutez une ligne d’appui autour de 1,35 à 1,40 m du sol si le système l’impose.
Fixer les montants au mur avec les bonnes chevilles
Le choix des chevilles dépend du mur. Il faut percer en profondeur, soit la longueur de la cheville plus 10 mm, et dépoussiérer le trou avant de visser. Les rails sont fixés environ tous les 50 à 60 cm, et les montants aux extrémités ou sur des appuis réglables selon le système retenu.
| Support | Fixation conseillée | Remarque |
|---|---|---|
| Béton | Cheville nylon 6 x 40 à 8 x 60 mm, vis 4,5 à 6 mm | Perçage en percussion avec un foret adapté |
| Brique pleine | Cheville nylon 6 à 8 mm, longueur 50 à 60 mm | Percussion modérée pour ne pas éclater la brique |
| Brique creuse ou parpaing creux | Cheville à expansion longue ou à verrouillage, 8 x 80 mm | Perçage en rotation seule pour préserver les alvéoles |
| Plâtre ou cloison légère | Cheville à bascule, ou vis directement dans l’ossature | Viser les montants de la cloison plutôt que la plaque seule |
| Mur à ossature bois | Vis à bois 4 x 50 à 5 x 60 mm | Pas de cheville nécessaire |
Ces valeurs donnent un ordre de grandeur. Elles se vérifient toujours sur la notice du système d’ossature et sur la fiche des chevilles, surtout si vous portez des plaques de plâtre épaisses ou plusieurs couches.
Insérer et fixer la laine de verre entre les montants

Mesurez la hauteur sous plafond, puis découpez la laine environ 1 à 2 cm plus large et plus longue que l’espace à remplir. Cette petite marge assure le maintien par frottement sans écraser la matière. Pour couper proprement, posez le rouleau sur une planche et utilisez une règle et un cutter à lame longue.
Engagez la laine d’abord dans le haut du cadre, puis redescendez en la plaquant contre le mur. Poussez les bords vers l’intérieur, sans forcer. Vérifiez qu’il ne reste aucun vide aux angles, autour des boîtiers électriques et des gaines : un seul interstice crée une fuite thermique et réduit l’efficacité de l’isolation thermique.
Si vos montants sont en bois, vous pouvez aussi agrafer les flancs du kraft sur les tasseaux, tous les 20 cm environ. Avec une ossature métallique, la laine tient dans le cadre et le pare-vapeur la plaque ensuite.
Poser le pare-vapeur dans le bon sens
Le pare-vapeur empêche la vapeur d’eau de la pièce de migrer dans l’isolant et de condenser dans l’épaisseur du mur. Il se place toujours du côté chaud, donc le kraft orienté vers l’intérieur de la pièce chauffée. Une laine de verre avec kraft intégré remplit ce rôle dès lors que les lés sont bien jointoyés.
Dans ce cas, les languettes du kraft se déplient sur les montants et se fixent dessus. Sur une laine sans kraft, déroulez une membrane pare-vapeur du sol au plafond, avec un recouvrement de 10 cm entre deux lés. Dans les deux situations, collez les jonctions avec l’adhésif prévu et traitez les angles pour garantir l’étanchéité à l’air.
Évitez de percer la membrane pour les passages de câbles : utilisez des manchons ou des boîtiers étanches. Une fois le pare-vapeur en place, vissez les plaques de plâtre sur les montants, tous les 30 cm environ, sans enfoncer la tête de vis dans le carton.
Éviter le tassement de la laine de verre dans le temps

Une laine qui se tasse laisse apparaître un vide en haut du mur, juste sous le plafond, là où la déperdition est maximale. Le tassement vient en général d’un mauvais calibrage (laine trop étroite), d’un entraxe trop large ou d’un manque d’appui sur les murs hauts. Il se prévient dès la pose en respectant l’épaisseur adaptée à la profondeur des montants, et en ajoutant des appuis intermédiaires vers 1,35 m si la hauteur dépasse 2,50 m.
L’erreur classique : écraser la laine pour la faire entrer
Une laine compressée perd une partie de son pouvoir isolant, car elle repose sur l’air emprisonné entre ses fibres. Si le rouleau ne rentre pas, c’est que l’épaisseur est trop forte pour la profondeur du profil. Prenez plutôt une épaisseur inférieure ou un montant plus profond.
Un mur sain, un pare-vapeur continu et une ventilation correcte de la pièce font le reste : sans excès d’humidité, la laine garde sa forme pendant des décennies. Après la pose, contrôlez régulièrement le haut du mur et les angles pendant les premiers mois, pour repérer toute trace de condensation ou de léger affaissement.





